57e congrès de l'APLAES, Reims 2026. Le souci de la terre : Penser l'anthropocène avec les Anciens.
Reims (France)
4-6 juin 2026
57e congrès de l'APLAES, Reims 2026. Le souci de la terre : Penser l'anthropocène avec les Anciens.
Reims (France)
4-6 juin 2026

L'Association des Professeurs de Langues Anciennes de l'Enseignement Supérieur organise son 57e congrès à Reims du 4 au 6 juin 2026. La journée scientifique du jeudi 4 juin espère visibiliser le travail des collègues français sur l'environnement et la nature à partir des questions, très actuelles, posées autour de la notion d'anthropocène. La remise du prix de thèse de l'APLAES aura lieu en conclusion de cette première journée.
La journée associative et pédagogique se tiendra le vendredi 5 juin : une table ronde amènera les représentants des associations à réfléchir ensemble à la thématique suivante : "Enseigner aux non-spécialistes".
Une visite de la cathédrale de Reims est proposée le vendredi 5 juin en clôture de la journée associative ; la matinée du samedi 6 juin prendra la basilique Saint-Remi comme point de départ.
La crise écologique mondialisée que traversent aujourd'hui les sociétés humaines a vu émerger la notion d'anthropocène pour penser cette nouvelle ère, durant laquelle ce sont d'abord les modes de vie humains qui façonnent l'environnement. Nous proposons de réfléchir ensemble sur ce que l'anthropocène fait aux études classiques, au sens large. Car les premières œuvres de la littérature antique signalent d'emblée la conscience de l'homme d'appartenir à un tout qui le dépasse et dont il tente d'appréhender les contours et le sens. Si l'épopée homérique arpente le monde connu et inconnu et invente à l'homme des interlocuteurs divins, l'œuvre d'Hésiode condense les outils essentiels auxquels l'on recourt afin d'embrasser le vaste sentiment de la nature : la métaphore, et l'expérience.
Tandis que les approches scientifiques et philosophiques se multiplient, des pré-socratiques au poème atomiste de Lucrèce, jamais l'homme antique ne cesse d'interroger sa place au sein du cosmos, de ce grand « ordre des choses » d'essence supra-humaine : respect, responsabilité, humilité parcourent les mythes et les fables, tandis que les tragédies mettent en scène le destin terrible de ceux qui, oublieux des limitations de leur humanité, transgressent les lois muettes et entraînent destruction et chaos. De l'effroi à la contemplation, et de l'admiration à la prudence, toute la littérature antique, quels que soient le genre et le langage auxquels on recourt, offre une manière de penser le monde et interroge la manière qu'ont les humains de s'intégrer dans la toile de la vie et comment les activités et les institutions humaines organisent, préservent ou bouleversent la vie sur terre. Un sentiment aigu, omniprésent, de la souveraineté de la Nature implique en effet d'adapter l'existence humaine à ses mécanismes, et donc de dépasser l'individuel pour organiser le groupe social : les astres scandent son activité, son usage du temps et de l'espace, tandis que les interactions entre les êtres animés qui peuplent le petit monde sont examinées au miroir des lois du grand monde. Médecine, astronomie, astrologie, philosophie, beaux-arts œuvrent de concert afin d'offrir à l'homme des remèdes et des consolations à son insuffisance.
Qui étudie les œuvres du passé y rencontre des clefs de lecture d'un présent fragmenté, chaotique, qui néglige le lien avec la Terre sa nourricière, quand il n'en a pas perdu le sentiment. Ce congrès se proposera de renouer quelques fils conducteurs de sens et de relayer quelques-uns des questionnements vitaux des anciens qui résonnent encore avec force, attestant la vitalité et l'utilité des études antiques à l'heure de l'anthropocène.
Contact : aplaes2026@sciencesconf.org
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